Momento Espírita
Curitiba, 17 de Outubro de 2017
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ícone Apprendre avec les arbres

C’est en formulant quelques vers que le poète Olavo Bilac nous invite à observer les arbres d’autant plus beaux qu’ils sont anciens, ces grands vainqueurs de l’âge et des tempêtes.

Nous pouvons beaucoup apprendre avec les arbres. Une des leçons qu’ils peuvent nous donner se rapporte à leur formidable capacité d’adaptation.

Tout comme ils poussent dans un petit coin de jardin à partir d’un noyau jeté par hasard, ils peuvent surgir en détruisant le trottoir en béton avec la force de leurs racines incontrôlables.

Encore jeunes, ils se plient au gré des vents forts, se courbent et démontrent toute leur flexibilité, puis après la tempête, les voilà à nouveau avec leur tronc verticalement bien droit.

Au fil du temps qui passe, ils gagnent en vigueur, s’étendent ici tandis que surgissent d’autres branches, juste au-dessus, enrichissant leur frondaison luxuriante et affable.

Leurs feuillages ombragés servent de nid à tant de petits êtres ailés et font la joie des enfants qui adorent se nicher ici et là pour observer le paysage sous un nouvel angle.

Ce peut être aussi pour y attacher des cordes et faire une balançoire, construire une cabane perchée sur leurs branches ou tout simplement y monter pour savourer leurs fruits directement cueillis à la source généreuse.

Capricieux, les arbres se remplissent de fleurs en explosant de couleurs et pour que tous puissent profiter d’un moment spécial de parade, c’est chacun leur tour qu’ils le font sur le calendrier.

En mars, c’est la "quaresmeira" pourpre, puis en juillet, l’ipé rose ou en novembre, le flamboyant avec sa pluie de fleurs lilas.

Ils se permettent en plus de servir de scène et d’auditorium pour les nichées d’oiseaux qui, même dans les grandes villes, y chantent par-dessus les décibels de la circulation hallucinée des voitures.

Ces vieux arbres bienveillants voient les générations se suivre. Ils observent les enfants grandir, mûrir et accompagneront leurs petits qui profiteront aussi d’eux.

De leur ombre, de leurs fruits, de leurs fleurs.

Ils vieillissent avec dignité, sans oublier de s’épanouir en fleurs, en fruits qui tapissent le sol avec virtuosité en en laissant tomber quelques-uns mûrs pour le fertiliser.

Vieux arbres amis…

Ne craignez pas de voir leurs branches se tordre ni leur tronc se rider. À chaque année qui passe, ils trouvent de nouvelles forces pour offrir le meilleur d’eux-mêmes : des fruits plus sucrés, plus colorés, qui sont les plus convoités.

Comme s’ils se transformaient au fil du temps, ils améliorent leur production chaque fois plus charnue et plus savoureuse.

Arbres centenaires. Si sages. Quand vient l’automne, ils changent d’habit et profitent des couleurs étourdissantes et absurdes de cette saison, de sorte qu’ils sont encore plus admirés.

Et quand l’hiver glacial arrive consumant leurs feuillages, ils restent là et se referment sur eux-mêmes.

Ils hivernent. Il suffit alors d’un fragile rayon de soleil, de la douce caresse du printemps pour qu’ils s’étirent, allongent leurs branchages et qu’ils se réveillent en boutons.

Ils survivent sans se plaindre de la rigueur du froid, des vents, des tempêtes affrontées.

D’ailleurs, tout cela a contribué à les renforcer encore davantage.

Et ils continuent de servir, chacun à sa façon. Les mûriers donnent des mûres, les arbres de jaboticaba pendent leurs fruits à leur tronc, les raisins forment des grappes capricieuses.

Sans jalousie, ni imitation, ni orgueil. Rien qu’en accomplissant leur devoir, dans la joie de servir.

Apprenons avec les arbres. Défaisons-nous de l’orgueil et de l’égoïsme. Servons avec le sourire, plaignons-nous moins et produisons plus avec ce que nous avons, là où nous sommes.

 

Rédaction du Moment Spirite, inspiré du texte Minha árvore, meu amor,
de Roberta Faria, de la revue Sorria, avril/mai 2015 et des vers de la poésie
Velhas árvores, du poète Olavo Bilac.
Traduction réalisée dans le respect des « Rectifications orthographiques du français en 1990 » de l’Académie française (
http://www.academie-francaise.fr/sites/academie-francaise.fr/files/rectifications_1990.pdf). NdT
Traduction : Gootjes Irène
Le 22.6.2017.

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